Un monde sans partage est un monde sans avenir

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Michel Bon Président de Fondact

Dans un éditorial récent des Echos, Jean-Marc Vittori relève la croissance des inégalités aux Etats-Unis. Sous Bill Clinton (1993-2000), les américains faisant partie du 1 % le plus riche de la population se sont adjugés près de la moitié des hausses de revenus (45 %), qu'il s'agisse de salaires, de plus-values ou de dividendes ou de toute autre espèce de revenus. Sous George Bush (2001-2008), ils en ont capté les deux tiers. Au cours des quatre premières années de Barack Obama, ils en ont raflé la quasi-totalité (95 %). Nous n’en sommes certainement pas là en France, mais il est hors de doute que la même tendance y est à l’œuvre.

Il y a quelques années déjà que les économistes s’inquiètent de cette évolution, qui est nourrie par la mondialisation. Partout dans le monde se bâtissent des fortunes, qui investissent dans les mêmes biens (immobilier, art, actions) générant ainsi des bulles elles-mêmes sources de plus values profitant aux plus riches. Ce ne sont pas les pauvres venus d’ailleurs qui nous appauvrissent, mais bien les riches qui confisquent la croissance.

Si la croissance ne profite plus qu’à ceux qui n’en ont pas besoin, à quoi bon la croissance ? Et c’est peut-être bien parce qu’elle n’est plus désirable que la croissance s’essouffle. La vraie source du populisme rouge, vert ou noir est là : à quoi bon la croissance ? Comment y remédier ? La tentation est de rétablir l’égalité par l’impôt, mais cela ne marche pas dans un monde ouvert. L’un des piliers de la politique économique devrait être la recherche des moyens de rendre la croissance tangible à tous.

Parmi ces moyens, il en est un, qu’à Fondact nous connaissons bien, c’est le partage du profit. Tout ce qui est distribué dans ce cadre va, à plus de 95% (à cause des plafonnements), dans la poche des 95%, et il peut y rester grâce à l’épargne ainsi rendue possible. S’il est urgent de rendre la croissance tangible à tous, alors la priorité devrait être d’améliorer le partage des profits à travers la participation, l’intéressement et l’actionnariat salarié.